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 Information sur le mariage au moyen âge

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Narcimore
Le plus preux chevalier du royaume
Narcimore



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MessageSujet: Information sur le mariage au moyen âge   Information sur le mariage au moyen âge EmptyMer 22 Nov - 23:41

Alors voilà après quelques recherches sur le net j'ai trouvé un petit article bien sympatique.

Je donne le lien http://medieval.mrugala.net/Mariage/Un%20mariage%20au%20MA.htm


Et voilà l'article en question



Un mariage au Moyen Age




par Léon Gautier & Jacques Levron





Le soleil s'est levé en plein bleu. Les cloches des petites églises
rurales annoncent la messe. Tout parait calme. Mais à la Ferté-Henri,
on s'agite. La jeune fille est entourée de dames et de servantes qui
sont fort occupées à l'atourner.

Il n'y a pas, à cette époque, de toilette spéciale pour le jour des
noces. La fiancée se revêt seulement de ses plus riches et plus beaux
habits.

Ce qui l'occupe d'abord le plus longuement, ce sont ses cheveux blonds
: elle aimait, jusqu'ici, les porter flottants sur ses épaules, mais
elle ne veut plus désormais les avoir que tressés. Armée de son peigne
d'ivoire, elle sépare donc ses cheveux en deux grosses nattes. Sa
servante lui présente des rubans, des bandelettes de soie, des galons
d'or qu'elle entrelace habilement avec ses cheveux. C'est ce qu'on
appelle des crins galonnés. Et Aélis n'a point besoin d'emprunter de
faux cheveux, comme tant de femmes sont contraintes de le faire. Au
bout d'une demi-heure, les deux nattes sont achevées et tombent sur son
dos, luisantes et lourdes. Par un geste charmant, elle les ramène sur
le devant de ses épaules, se regarde un peu dans le miroir et s'estime
satisfaite.

Elle n'a pas besoin de se teindre ou de se poudrer de safran. Gautier
de Coincy, dit que certaines femmes de son temps étaient « ensafranées
». Aélis n'est pas de celles-là : telle elle est sortie du bain hier au
soir, telle elle est aujourd'hui

Blanche est comme fleur de lis

Mais ceci est de droite nature,

Sur elle n'y a autre teinture.

(Dumars.)



A ceux qui trouvent que la toilette est longue, elle pourrait répondre
que ce jour-ci ne ressemble pas aux jours ordinaires et qu'elle, Aélis,
n'est point comme celle de la chanson

Quand la belle fut levée

Et quand elle fut lavée,

Ja la messe fut chantée...



Certes, jeunes filles et femmes nobles ne s'habillaient pas tous les
jours avec de beaux vêtements d'apparat. Ceux-ci les rendaient en effet
raides comme des statues. Les châtelaines du XIIe siècle savaient fort
bien « s'aisier » (1)
le reste du temps. Mais, pour un jour de noces, c'est bien différent.
Si on ne portait pas le grand costume, quand le porterait-on ?

Aussi, la chambre de la jeune fille est-elle éblouissante de soie et
d'or. Tous les vêtements de luxe y sont étalés sur des perches. C'est
un pèle-mêle fulgurant.

Mais il est temps qu'Aélis choisisse entre tant de richesses. La toilette commence : grande affaire.

La toilette de l'épouse

La chemise, en fine toile de lin, est blanche « comme fleur des prés »
avec une légère teinte de safran qui n'est pas désagréable. Son luxe ne
consiste qu'en petits plis ou « rides » d'un effet charmant. Elle n'est
pas même ornée d'une broderie d'or aux manches et au cou, car Aélis
s'est souvenue du prédicateur qui tonnait, l'an passé, si fort contre
le luxe de l'habillement féminin et prétendait que certaines chemises
coûtaient plus cher que le surplis d'un prêtre !

Sur cette chemise. Aélis revêt cette sorte de robe qui forme l'élément
principal du costume des femmes, comme de celui des hommes : le
pelisson hermin. C'est une très fine fourrure d'hermine enfermée entre
deux étoffes, de façon à n'apparaître qu'aux bords du vêtement, aux
manches et au cou. L'une de ces étoffes, celle qui touche directement
la chemise et que l'on ne voit pas, est de la soie, un cendal de haute
valeur. Il est, pour Aélis, de rouge foncé, presque violet. Un léger
galon d'or pare le bout des manches qui sont serrées au poignet, et le
bas de la jupe, qui s'arrête à la cheville. Une passementerie semblable
agrémente l'encolure que l'on appelait tout bonnement la goule du
pelisson. Le vêtement, assez étroit et ajusté, n'est pas toujours d'un
effet gracieux. Il engonce au point qu'on a dû supprimer la fourrure du
corsage et de la jupe pour ne laisser un peu d'hermine qu'à l'encolure
et aux manches. Le pelisson a tourné à la robe. Il est d'ailleurs
couvert de la tunique de dessus, le bliaut, qui le cache presque tout
entier. Ici, le luxe éclate. C'est le vêtement des grandes fêtes qu'on
ne porte pas plus de vingt fois par an. Cette belle tunique, très
légère, en soie verte brochée d'or, descend presque aussi bas que
l'habit du dessous. Les manches, très larges et fort longues, traînent
jusqu'à terre et l'on voit, par-dessous, les manches ajustées du
pelisson avec leur étoffe violette et leurs galons d'or. Le corsage du
bliaut est collant, avec un petit décolletage carré sous lequel on
aperçoit la goule de la robe fourrée. La jupe, fendue par derrière, est
à tout petits plis. Entre le corsage et la jupe, une pièce d'étoffe
souple et légère, très ajustée, épouse étroitement les hanches et le
ventre. Cette « pièce de milieu » se lace par derrière comme le corsage
lui-même dont elle forme le prolongement et est serrée autant qu'il est
humainement possible! Toute 1'encolure de ce bliaut d'apparat est ornée
de larges galons d'or; les manches, munies du même galon, sont
tailladées et coupées. Mais ce qui frappe surtout, c'est la ceinture,
magnifique, jetée négligemment sur les hanches et qui retombe
par-devant jusqu'au bas du bliaut. Un orfèvre y a enchâssé des topazes,
des agates, des escarboucles et des sardoines (2).

Pendant le temps qu'elle s'habillait, Aélis s'était contentée d'une chaussure découverte destinée à la chambre, ses eschapins,
il lui faut maintenant mettre ses souliers de noces, deux petits
souliers très étroits, à bec pointu, en beau cuir de Cordoue brodé
d'or. Sur sa tête, elle ajuste un petit voile circulaire et sur ce
voile (difficile à bien fixer), on lui pose son cercle d'or garni
d'émeraudes et délicatement émaillé, véritable couronne qui le voile
fait délicatement ressortir. Adieu, les simples chapels de roses
qu'elle portait jadis su temps de la Pentecôte et qui coutaient si peu.

C'est fini, la toilette de noce est achevée. Un dernier regard sur le
miroir. Aélis n'est pas mécontente de son chef-d'oeuvre. Elle sait bien
qu'elle ne le portera qu'aux grands jours de fête et qu'il finira,
quand il sera usé, en quelque pauvre moutier où il servira à faire
chasubles et chapels. Elle sait bien que, chaque jour, elle se
contentera d'une bonne cotte de laine ou de drap, d'un bliaut tout
d'une pièce serré aux fiants par une simple cordelette, une guimpe sur
la tête et, aux pieds, des souliers qui ne seront pas brodés. Mais,
pour ce jour solennel, elle se réjouit d'être belle.

La toilette de l'époux

Aidée de ses servantes, de sa mère (qui ne la trouve jamais assez
belle), de son miroir, Aélis n'a guère mis que quatre heures à
s'habiller! Il en a suffi d'une à son mari pour procéder à sa toilette.
Mais, malgré sa nature vive, notre jeune chevalier a aujourd'hui des
trésors de patience. Son costume a pourtant plus d'une affinité avec
celui d Aélis. Comme Aélis, il porte chemise, pelisson, manteau et
chapel. Ses jambes sont couvertes de chausses en soie brune qu'il a
fait venir de Bruges. Sa chemise est de belle toile blanche, solide et
fine. Son « pelisson hermin » est semblable à celui qu'Aélis porte tous
les jours. C'est de la pelleterie enfermée entre deux étoffes, 1'une de
toile, l'autre celle qu'on porte au-dehors, de soie : un beau paile
rouge incarnat, broché d'or, avec des gueules d'hermine à l'encolure et
de larges galons d'orfroi au cou et aux manches. Le bliaut est une
tunique, moins longue que le pelisson et qui n'a pas plus de quatre
pieds de haut. Elle est en soie légère, en cendal bleu foncé. Ses
manches sont serrées au poignet et évasées en haut du bras. Des
orfrois, bien plus larges que ceux du pelisson, décorent non seulement
ces manches, mais le bas de l'encolure qui est munie d'une fente
verticale. Sous le galon, le bliaut est entaillé ou, pour être ici plus
exact, gironné (3).
Le manteau, qui est demi-circulaire, est doublé de fourrure : car c'est
là le grand luxe et, dût-on suer à larges gouttes, on met partout du
vair et du gris, de l'hermine et de la martre. La soie de ce manteau
est la même que celle du pelisson : même grain, même couleur. Sur le
devant et au bas, à droite et à gauche, éclatent quatre pièces carrées,
très riches, qui sont brodées d'or et sur lesquelles on a jeté des
pierres fines : ce sont les tasseaux. Une agrafe retient élégamment ce
splendide vêtement sur l'épaule droite.
Reste la tète, la jeune
tète bouclée qu'il faut parer. Nore baron entoure son front d'un
chapelet auquel il a voulu donner la même forme qu'à celui d'Aélis, il
l'a fait incruster des mêmes émeraudes, orner des mêmes émaux.

C'est fini : la toilette de noces est achevée. Les deux jeunes gens sont prêts à partir.

La cérémonie

L'église n'est pas loin et les cloches tintent joyeusement. Nos mariés
ont décidé de s'y rendre, selon l'usage, à cheval. Le cortège
s'organise devant le perron. En tête, s'avance un groupe de jongleurs
formant un véritable orchestre : vielles, flûtes et harpes. Les joueurs
sont déjà de belle humeur, car, si 1'Eglise exige des fiancés qu'ils se
marient à jeun, elle n'astreint pas les jongleurs à une telle pénitence.

Aélis, après avoir mûrement réfléchi, a choisi une mule, monture
généralement adoptée par les dames de son temps. Rien n'est plus
charmant que la bête qui l'attend : c'est une belle mule noire au
magnifique harnachement. La sambue (la selle) est ornée d'ivoires
incrustés d'or ; la couverture est en samit écarlate. Sur le frontail
éclate une escarboucle qui brille la nuit et passe pour préserver de
toutes les maladies. Le poitrail est muni de trente grelots d'argent
et, quand la bête se met en marche, toute cette sonnetterie est
agréable à entendre.

Derrière, se tient le mari, bien campé sur son palefroi qui piaffe, sur
sa selle émaillée de fleurettes d'azur, avec ses heuses (4) de cordouan qui recouvrent et préservent ses soullers brodés d'or. Près d'eux leurs mères, montées sur des mules affeutrées (5),
le grand-père d'Aélis (elle a perdu son père), puis, deux par deux,
trois par trois, les parents et les amis, revêtus de la magnificence
des mêmes costumes, les femmes en bliaut d'apparat, les tresses blondes
étalées sur leurs manteaux de soie, le cercle d'or au front. Sur une
sorte de char peint à fleurs sont assis les plus vieux invités. Tout le
long du chemin, les vassaux, les paysans, les bourgeois venus de la
ville, regardent passer le cortège.
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Narcimore
Le plus preux chevalier du royaume
Narcimore



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MessageSujet: Re: Information sur le mariage au moyen âge   Information sur le mariage au moyen âge EmptyMer 22 Nov - 23:42

Le moment du départ est arrivé.

L'église est au sommet de la colline. Nos gens descendent de leurs
montures pour gravir la côte. Le grand-père d'Aélis « en sa brace la
prent ». Le chemin et les marches qui mènent au moutier ont été
couverts de glaïeuls et de roses qui répandent un parfum pénétrant. Les
conversations vont leur train. Les rires s'entrecroisent gaiement.
Soudain tout cesse, le prêtre a paru. C'est sous le porche qu'a lieu en
effet le véritable mariage et les cérémonies de l'église n'en seront
que le complément et la parure. C'est sous le porche peuplé de statues
de pierre, en présence de nombreux témoins, que les deux fiancés vont
donner à leur union leur libre et solennel consentement. Le prêtre pose
les questions qu'exige la sagesse de l'Eglise

« Vous avez l'âge voulu. Vous n'êtes point parents. Vous êtes chrétiens
tous deux. Vos parents consentent. Les publications ont été faites, et
les bans proclamés trois fois dans l'église paroissiale, pendant
l'office. Personne ne s'oppose à votre mariage. Vous avez des témoins.
Quelques centaines, dites-vous ? Deux auraient suffi. Nous sommes en un
temps liturgique où l'Eglise permet la célébration des noces. Tout est
bien, et il ne me reste plus qu'à vous demander solennellement votre
consentement au mariage. C'est le moment de vous recueillir, de vous
dire en vous-mêmes que vous allez avoir de grands devoirs à remplir, et
de penser à Celui qui, pour bénir d'avance tous les mariages de ce
monde, assista aux noces de Cana. Priez. »

D'une voix forte et qui porte loin, le prêtre leur demande le
consentement sacramentel et l'on entend les deux jeunes voix qui
répondent : « Oui, je, Henri, te prends pour femme. - Oui, je, Aélis,
te prends pour mari. » Les deux époux ont la main droite dans la main
droite. Ils sont mariés.

C'est alors - parce qu'il faut songer ici aux intérêts temporels -
qu'on donne lecture du contrat de douaire et des divers éléments dont
se compose la dot de la femme. Puis, les deux époux et leurs familles
se mettent à distribruer des deniers aux pauvres qui attendaient avec
impatience ce moment. Ensuite a lieu la « dation » de la femme à son
mari par son père et par sa mère. Pour Aélis, c'est sa mère, veuve, qui
s'avance vers le jeune baronet lui donne sa fille. La main nue de
l'époux presse alors la main de l'épouse : « A tout jamais dans la foi
de Dieu et dans la mienne, saine ou malade, je promets de la garder. »

Vient ensuite la cérémonie de l'anneau. Quand le prêtre est sorti de
l'église, il tenait un livre entre les mains et, sur ce livre, un
anneau d'argent qui brillait au soleil. Cet anneau, il le bénit, ou
bien (selon les diocèses) l'asperge d'eau bénite et récite sur lui
cette prière : « Que le Créateur et le Conservateur du genre humain,
que le Donneur de la grâce et de l'éternel salut, fasse descendre sa
bénédiction sur cet anneau. » Alors l'époux prend le cercle d'argent et
le met successivement à trois doigts de la main droite de sa femme en
disant tout à tour Au nom du Père ; puis, du Fils ; puis, du Saint
Esprit. Et il le glisse enfin à un des doigts de la main gauche. C'est
là qu'Aélis le portera jusqu'à sa mort, en signe d'affection et de
fidélité. Et, en le glissant définitivement, il prononce ces paroles :
« De cet anneau je vous épouse; de mon corps, je vous honore; de mon
bien, je vous doue. »

Suivant la vieille coutume franque, le marié offre alors symboliquement
à son épouse le sou et le denier (c'est le dernier souvenir du rite de
l'achat).

Il place délicatement dans la bourse d'Aélis trois deniers neufs.

Les portes de l'église s'ouvrent alors à deux battants. Les mariés
s'avancent entre deux haies d'amis et de curieux. Arrivés au milieu de
la nef, ils se prosternent et restent ainsi inclinés quelques instants
tandis que le prêtre les bénit

« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, jetez dans
l'intelligence de ces deux jeunes gens les semences de la vie
éternelle. » Puis, s'adressant au jeune couple : « Que Dieu vous
bénisse et vous apprenne lui-même à lui être agréables clans votre
corps et dans votre âme. » Là-dessus, les deux époux se relèvent et
sont conduits dans le choeur, tous deux près l'un de l'autre, la femme
à la droite de son mari. La messe commence.

A l'Offertoire, les deux époux, cierge en main, font leur offrande.
Après le Sanctus, ils se prosternent de nouveau pour recevoir la
bénédiction solennelle du prêtre. C'est alors que quatre jeunes barons
étendent un voile de couleur pourpre au-dessus de la tête des mariés.

C'est un rite antique et jadis un voile enveloppait entièrement le
jeune couple, symbolisant la délicatesse avec laquelle les époux
devront cacher leur amour que Dieu bénit.

La messe s'achève. L'Agnus Dei vient d'être chanté. Mais voici encore
une scène charmante. L'époux s'avance à l'autel et reçoit du prêtre le
baiser de paix. Il le reporte à sa jeune femme qu'il embrasse
délicatement au milieu du sanctuaire, au pied du crucifix.

On sort de l'église à travers une foule compacte et bruyante. Les jongleurs prennent de nouveau la tête du cortège.

Dames et chevaliers remontent sur les mules et les chevaux. La route
est toute tapissée de feuillages verts. Dans les « encensiers », les
parfums brûlent en plein air.

La fête

A un carrefour de la route, toute une cavalcade vient au-devant des
nouveaux époux. On s'embrasse, on rit, et les deux cortèges réunis se
dirigent vers le château où tout est prêt pour les recevoir. C'est dans
la grand'salle, la salle pavée, que la réception a lieu. Depuis
plusieurs jours, on l'a disposée et parée à cet effet. On l'a
badigeonnée et peinte de nouveau. On a couvert les murs de tapisseries
et de pièces de soie rouge et verte. Le pavé est jonché de roses et de
joncs. Elle est superbe, cette salle, et le cortège y fait une entrée
solennelle. Deux par deux, les mariés, leurs parents et leurs amis
s'avancent vers le perron et en montent lentement les degrés.

Toutefois, on ne dîne pas dans la salle, mais dans la prairie voisine,
sous la tente. Les invités sont très nombreux, car plus on a de grands
personnages à ses noces, et plus on est fier.

On distribue des cadeaux aux invités bliauts, manteaux, hanaps. Et
c'est à peine si notre chevalier trouve un instant pour se réfugier
dans sa chambre et... embrasser sa femme !

Les trompettes qui sonnent annoncent que le dîner est prêt. Les tables
sont dressées sous des tentes. La plus belle d'entre elles, toute de
soie bleue, est destinée aux nouveaux époux, à leurs parents les plus
proches, aux invités les plus illustres. On se place peu à peu. Les
sénéchaux portent des paons rôtis sur des plats d'or. Derrière les
jeunes mariés, assis l'un à côté de l'autre, se tiennent deux
chevaliers qui ont tenu à honneur de les servir. Ils remplissent les
deux hanaps que l'époux leur tend. La belle « au clair visage » y
trempe ses lèvres en même temps que son mari.

Les plats défilent et ils sont innombrables. On parlera longtemps de
ces noces dans le pays ! Groupés dans un coin, les jongleurs jouent
leurs plus beaux morceaux, font quelques tours pour attirer
l'attention. C'est seulement à la fin du repas que l'on commence à
chanter et à conter.

Puis on passe aux chansons à boire. Et celles-ci sont assez gaillardes,
car nos aïeux ne détestaient pas le mot cru et les femmes ne
s'effarouchaient pas des grivoiseries.

Les convives se lèvent de table (ils y sont depuis trois heures),
bruyants et lourds. Les damoiseaux et les bacheliers vont d'un côté,
les dames de l'autre. Les premiers se livrent à des joutes et l'on a
pour eux disposé des quintaines dans le pré. Un peu appesantis par le
vin, ils frappent souvent avec maladresse, mais sont les premiers à
rire de leur échec.

Ailleurs, sous les arbres, il y a un bal. Les chevaliers prennent les
dames par la main et l'on entre dans la danse : rondes chantées par les
dames elles-mêmes. Un moment, tous les danseurs s'arrêtent pour voir
Aélis danser avec son mari.



On se délasse en soupant. La nuit tombe.

A la porte de la salle, se présente un prêtre accompagné de deux
clergerons. Il vient bénir la chambre nuptiale, le lit « paré d'un
covertor ». Le prêtre, en étole, fait le tour du lit lentement en
multipliant les bénédictions : « Bénissez vous-même ce lit nuptial, mon
Dieu, afin que ces chrétiens reposent dans votre paix et vieillissent
dans votre amour. Que la main de Dieu soit sur eux et qu'il fasse
descendre du Ciel un de ses ancres pour être ici leur gardien en tous
les jours de leur vie. » Puis il s'éloigne après avoir dit aux époux
qui étaient restés agenouillés durant toute la cérémonie : « Soyez en
paix, que Dieu demeure avec vous. »

Les dames couchent la mariée et se retirent. Les nouveaux mariés restent seuls.

La nuit furent ensemble, firent leur volonté. (Le Chevalier au Cygne.)

Imitons ici la discrétion de nos Chansons de geste.






(1) Se mettre à l'aise. (Retour)

(2) Pierre précieuse, brune ou rouge. (Retour)

(3) Au bords découpés en festons. (Retour)

(4) Bottes. (Retour)

(5) Mules dont la selle est rembourrée. (Retour)
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CristofDeReims
Officier de l'ORM
CristofDeReims



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MessageSujet: Re: Information sur le mariage au moyen âge   Information sur le mariage au moyen âge EmptyJeu 23 Nov - 19:58

Déjà qu'ils trouvent tous que les messes sont trop longues, alors si on raconte ca, ils vont nous entretuer Laughing
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